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      FEMMES ET CONSCIENCE  

     

     Face à la folie du monde et ses conséquences désastreuses sur la nature et tout ce qui y vit, nous ressentons l’urgence d’un changement radical de l’humanité en une fraternité harmonieuse et solidaire, en amitié avec tous les règnes de la nature. Utopie ou murmure d’une profonde nostalgie que chacun peut entendre dans l’intimité de son âme ? La nostalgie de notre nature véritable...

     Le chantier semble gigantesque et il est tentant de baisser les bras en pensant qu’on ne peut plus rien changer à la folie de ce monde, tant l’ampleur du désastre crée par l’inconscience humaine est immense. Mais la nostalgie se rappelle à nous sous forme de tristesses mêlées d’espoirs fous, jusqu’à ce que nous nous levions pour dire : Oui, je veux prendre ma responsabilité et ne plus être la victime impuissante de la folie du monde.

     Alors nous sommes amenés à contempler notre univers intérieur, et là nous faisons face à bien des guerres, des combats, des refus, des fermetures, des divisions, des peurs. Et c’est le monde que nous voyons en nous. Changer le monde devient soudain à notre portée puisque nous en sommes le creuset. C’est ainsi que l’aventure de conscience s’ouvre à nous et que nous entreprenons la noble tâche d’aller à la rencontre en nous-mêmes de tout ce qui fait obstacle à la paix et à la liberté de notre nature profonde.

     Notre nature n’est ni féminine ni masculine, mais c’est en tant que femme ou homme que nous cheminons dans l’existence et selon le sexe de notre incarnation, nous devons traverser des défis différents avant de n’être plus soumis à nos instincts, nos croyances, nos conditionnements, nos blessures, nos mémoires personnelles et collectives.

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     Une douzaine de femmes aspirantes à la liberté intérieure, se rencontrent régulièrement pour relever ensemble ces défis, mettant en lumière les aspects de l’ego féminin qui ont façonné une fausse identité féminine, conditionnant notre façon d’être en relation avec les hommes et les autres femmes. Autrement dit, ce qui conditionne en nous l’état de guerre et de division. Car dans notre exploration nous réalisons, entre autres, que nous avons construit notre identité sur la croyance atavique que nous dépendons de l’homme pour notre bonheur et notre sécurité et qu’il nous faut rivaliser avec les autres femmes pour atteindre cet objectif. Nous réalisons aussi que si nous croyons dépendre des hommes pour être heureuses, nous les rendons responsables de nos manques et blessures et avons tendance à adopter des attitudes féministes vindicatives pour reprendre le pouvoir et ne pas nous sentir dominées, écrasées par le sexe opposé. 

     Un des plus grands défis que la femme doit traverser dans son travail de conscience est la peur de ne pas être aimée. Cette peur est à l’origine d’une forte émotivité qui l’empêche d’objectiver la réalité et rend difficile voire insupportable l’abandon des masques et des protections. Oser faire face à tous ses démons intérieurs comme le mensonge, la manipulation, la jalousie, les jeux de pouvoir, la séduction, la dépendance affective, demande humilité, courage et détermination, car l'image de soi que nous avions édifiée pour nous faire aimer est mise à mal dans cette révélation, surtout si nous la voulons spirituelle.

     Ces rencontres se veulent des espaces de conscience et de confiance où nous apprivoisons peu à peu les peurs pour prendre ensemble le risque de renoncer au contrôle et laisser être notre vulnérabilité.

     

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     C'est une première étape (1) pour retrouver l'innocence et l'authenticité de notre vraie nature féminine.

     Nous ressentons parfois de façon très palpable que nous touchons aux fondements de la conscience collective féminine, défrichant des couches millénaires d'automatismes et d'illusions et cette perspective nous donne la force d'aller au-delà de nos grandes et petites culpabilités pour poursuivre ensemble cet éclairage dont nous sommes les premières bénéficiaires, mais aussi les relations autour de nous et pourquoi pas, le reste du monde, puisque tout est lié dans la conscience.

     (1) lire la rubrique : Le rôle de la femme

     

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    L'acte libérateur impersonnel fondamental


    A propos de la peur de s’engager dans un groupe (comme celui du laboratoire du féminin) sous prétexte que cela pourrait nous distraire de la rencontre avec nous-mêmes ou nourrir  la demande affective personnelle au lieu de nous aider à refonder notre existence sur une perspective plus impersonnelle de la vie. 


     

    Nous sommes là où nous sommes, comme nous sommes et là où nous en sommes et c’est notre matière à travailler.  

    Ce serait orgueilleux de vouloir avoir atteint la perfection, l’illumination, pour se sentir digne de faire partie d’un groupe comme celui du laboratoire du féminin.  

    Nous ne pouvons être dupe de ce stratagème de l’ego qui pour ne pas se confronter à lui-même (sa petitesse) préfère se mettre à l’écart, et attendre d’être parfait (dans toute sa grandeur ?) pour se mêler et s’exposer aux autres.  

    Dans le regard conscient, la « petite vie personnelle» ne disparaît pas, elle continue son chemin comme avant, mais elle peut être replacée dans la perspective de la « grande vie impersonnelle» dans laquelle baigne l’humanité. 

    Si nous nous surprenons en train de nous accrocher à des opinions, des rôles, des projets centrés sur la valorisation de notre petite personne, si nous réalisons que nous sommes en train de nous nourrir du regard de l’autre, nous remplir de  son attention, il n’est jamais trop tard pour revenir en nous-mêmes, ressentir le manque qui a précédé cet élan, aller à la rencontre du sentiment de vide qui nous fait nous déporter, et prendre le risque de rester avec, et poursuivre l’action avec cette conscience de ce qui nous anime, plutôt que la fuir en se flagellant d’avoir été trop égotique. 

    C’est alors que notre action, notre parole prennent une autre saveur, portées par une autre énergie, et que la crispation en nous peut se détendre. Mais il n’y a rien à condamner lorsque nous nous voyons fonctionner et réalisons que nous sommes agies par des automatismes. Ils apparaissent pour être éclairés et permettre à notre vraie nature d’émerger une fois libérée de ces automatismes ainsi mis à jour.  

     

    Le fait de reconnaître, ressentir, accompagner, sans juger ni condamner (être avec) ce qui s’anime en soi, est  l’acte impersonnel fondamental.  

    Voir, ressentir, apprivoiser la peur de n’être rien, s’approcher du sentiment de vide qui nous habite, le fuir et y revenir encore et encore, rencontrer le manque en soi,  c’est l'oeuvre de toute une vie, jamais terminée et les rencontres, les groupes, et toutes nos activités personnelles ou impersonnelles, comme nos moments de solitudes, sont là pour nous fournir la matière à rencontrer en nous mêmes afin de  transformer nos velléités personnelles en énergie disponible pour la Vie.  

     

     

     

      

     

     

     

     

     





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